Le dernier survivant des «Triangles roses» décoré de la Légion d'honneur
Rudolf Brazda, 97 ans, le probable dernier survivant des «Triangles roses» - ces victimes du nazisme qui furent déportées à cause de leur homosexualité - vient d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur, a-t-on appris dimanche auprès de l’association «Les oubliés de la Mémoire».
M. Brazda, qui a survécu à 32 mois d’enfer à Buchenwald entre 1942 et 1945, fait partie de la promotion de Pâques de la Légion d’honneur. Il a été nommé sur le contingent du Premier ministre, a précisé à l’AFP Philippe Couillet, président de cette association qui milite pour la reconnaissance des souffrances des «triangles roses».
Cette distinction «marque un pas supplémentaire dans la reconnaissance par la nation de la déportation homosexuelle», a estimé M. Couillet.
M. Brazda n’a commencé à témoigner sur son expérience de déporté qu’en 2008, à l’occasion de l’inauguration d’un monument en mémoire des «Triangles roses» au coeur de Berlin. Il s’était fait connaître après avoir lu dans la presse que, selon les porteurs du projet, ce drame ne comptait plus de survivant.
Depuis, le nonagénaire, qui a grandi en Tchécoslovaquie et en Allemagne et vit près de Mulhouse depuis 1945, aime à «s’exprimer publiquement sur son vécu, dans les média, mais aussi auprès du grand public et des jeunes générations en particulier», selon M. Couillet.
Il recevra sa Légion d’honneur jeudi dans un collège de Puteaux (Hauts-de-Seine), à l’occasion d’une intervention devant les élèves. Sa distinction lui sera remise par Marie-José Chombart de Lauwe, ancienne résistante et déportée à Ravensbrück, aujourd’hui présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation.
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Autant en profiter, c'est le seul moment de l'année où on peut écouter de l'opérette viennoise sans trop se cacher... Et autant jouer la carte kitsch à fond, surtout qu'on entend Maria Reining en prime !
Extrait du film-opérette de Willi Forst (1942).
Avec Maria Holst et Dorit Kreysler doublées par Maria Reining et Lea Piltti.
Orchestre Philharmonique de Vienne.
J'ai malheureusement raté les deux premiers volets de la trilogie, Oeuf ("Yumurta" pour les salles françaises) et Lait ("Milk") qui font découvrir le personnage de Yusuf à l'âge adulte et à la sortie de l'adolescence. La diffusion de Miel et des deux autres volets est d'ailleurrs restée un peu confidentielle en France, l'Ours d'or ne semblant pas avoir un grand impact sur le choix des distributeurs français.
La bande-annonce mise à disposition en France montre plusieurs séquences non reprises au montage et fait entendre la sonate de Debussy en bande-son alors que le film se déroule sans musique (les bruits de la nature, ceux du quotidien et la clochette que garde Yusuf constituent pourtant un univers sonore particulièrement riche). La bande-annonce diffusée en Allemagne rend mieux compte du film :
17/12/10 - 16:26
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A voir sur grand écran pour profiter pleinement de la beauté vraiment exceptionnelle des images, des plans-séquences immenses (presque 10 minutes pour certains) et de ce montage préféré par R. Ruiz lui-même à celui des six épisodes qui seront diffusés sur Arte en avril 2011. La durée du film (4h26) peut effrayer et c’est pourtant pour un temps long que ce film-fleuve(s) a été pensé et conçu. Ruiz arrive en fait à transformer le défi de la longueur en créant une mise en scène et une narration qui se construisent sur cette durée et en profitent pleinement. Le spectateur rend vite les armes : on est pris dans le flot des intrigues et par la beauté des images et on se réjouit de pouvoir en profiter si longtemps (seul l'épisode français déçoit).
L’émerveillement constant est entretenu par une réinvention permanente du spectacle, l'arrivée continue d'éléments narratifs qui soutient un suspense sans faille. Les récits s'enchevêtrent, les personnages se croisent, mais le spectateur est confronté au doute puisque des personnages possèdent une double ou une triple identité, identité qui sera mise à nu dans la "chambre des secrets" du padre Dinis. Et tout le puzzle que le spectateur a réussi à reconstituer - non sans peine - se trouve finalement annihilé par un rebondissement dramatique de dernière minute qui bouleverse toutes les perspectives.
La caméra de Ruiz se faufile partout (au plafond, derrière les rideaux) et serpente entre les personnages dans des mouvements gracieux lui permettant de se glisser des plus immenses salons aux minuscules alcôves. Cette caméra participe à l'imaginaire de secret et de complot dans lequel baigne le film, avec ces personnages qui observent en permanence aux fenêtres ou aux portes et qu'il arrive à la caméra de croiser. A qui appartient alors l'oeil de la caméra, sinon un observateur indiscret semblable à ceux que la caméra croise ?
Références à l'univers romanesque du XIXème siècle (avec la trame de Castelo Branco, on retrouve Balzac, Sue ou Dumas), à Bergman en particulier à Fanny et Alexandre (le théâtre miniature, le film-fleuve comme testament), à la Recherche proustienne (la chambre d’enfant, le sommeil, la mémoire).
Presse unanimement élogieuse sur le film. Je signale seulement l'excellent papier de Critikat.
J'avoue une certaine fascination pour les vieilles dames et il se trouve que le répertoire lyrique leur offre une série de rôles permettant des compositions dramatiques particulièrement fortes.
Janáček : L'Affaire Makropoulos
Doyenne du répertoire du haut de ses 337 ans, Emilia Marty a pu rester jeune grâce à l'élixir préparé par son père. Amenée à raconter son secret, elle explique le malheur d'une vie éternelle.
Le rôle n'est pas forcément destiné à une vieille chanteuse mais y faire entendre et voir les années comme Anja Silja (du haut de ses 50 ans de carrière) permet de composer un portrait particulièrement puissant.
Tchaïkovski : La Dame de pique
Au seuil de sa vie, La Comtesse se remémore de sa jeunesse à la cour de France et de la mélodie qu'elle y chantait.
Martha Mödl à 80 ans, le soir de ses adieux à la scène.
Sondheim : A little night music
Echo comique avec madame Armfeldt dans ce musical inspiré du film de Bergman Sourires d'une nuit d'été. La vieille dame se demande ce que sont devenues ses brillantes "liaisons", constate qu'il ne lui reste plus grand chose du faste dans lequel elle a vécu.
Regina Resnik et ses faux airs d'Alice Sapritch.
R. Strauss : Elektra
Relation complexe entre Clytemnestre et sa fille Electre depuis le meutre d'Agamemnon. Clytemnestre est hantée par des visions de sang et de meurtre et revient vers sa fille pour chercher la solution qui mettrait fin à ses rêves.
Après avoir incarné les deux filles (Chrysothemis puis Elektra), Leonie Rysanek a chanté Clytemnestre durant ses dernières années (et avait encore des engagements pour le rôle à sa mort), réussissant finalement la performance rare d'avoir chanté les trois rôles.
Poulenc : Dialogues des Carmélites
Bien qu'ayant « médité sur la mort chaque heure de [sa vie] » et, qu'à 59 ans, il est « grand temps de mourir », la mort de la première Prieure (madame de Croissy) sera un terrible moment d'angoisse et de douleur.
La langue n'est pas particulièrement intelligible mais l'incarnation d'Anja Silja* atteint une force sidérante, cathartique oserais-je dire.
* bis en effet, mais la longévité de sa carrière fait d'elle une duègne lyrique incontournable, n'en déplaise à beaucoup.
« L’heure du loup c’est l’heure où la nuit fait place au jour. C’est l’heure où la plupart des mourants s’éteignent, où notre sommeil est le plus profond, où nos cauchemars sont les plus riches. C’est l’heure où celui qui n’a pu s’endormir affronte sa plus violente angoisse, où les fantômes et les démons sont au plus fort de leur puissance. »